Papier Glacé – Un siècle de photographie de mode chez Condé Nast

L’exposition “Papier Glacé – un siècle de photographie de mode chez Condé Nast” deuxième du genre après la réouverture du palais Galliera, n’aura de cesse tout au long de notre parcours de présenter les œuvres les plus emblématiques et les plus identificatrices des grands courants de mode qui ont jalonné le XXème siècle. Condé Nast, l’éditeur du quasi mythique Vogue d’aujourd’hui, apparaissait au début du siècle comme le support d’une presse luxueuse destinée à une clientèle bourgeoise. Dès lors, les photographes façonnent la renommée du groupe, leur rôle égale celui du créateur, sublimant cette silhouette, introduisant une touche de mystère ou d’humour à telle photographie, donnant en quelque sorte un souffle de vie à la création. Les photographes sont l’essence même du Vogue, lui restant fidèles pendant des années (Helmut Newton, 40 ans ou encore Irving Penn, 60ans!). La passion qui anime ces icônes de la photographie est ici dévoilée, permettant peut-être alors une meilleure compréhension des shootings d’aujourd’hui et démontrant de l’intemporalité de ces deux arts alliés en un concept, une source toujours aussi reconnue même près d’un siècle après sa création, je parle bien sûr du magazine Vogue. 
Comment la technique photographique a-t-elle évolué en un siècle avec toujours comme but de créer un univers propre au vêtement présenté? Quels ont été ces icônes? Peut-on comprendre l’évolution de la mode tout au long de ce XXème siècle rien qu’en se plongeant dans ces clichés historiques?
Au début du siècle, les photographes comme le baron de Meyer ou Cecil Beaton se concentrent sur les décors pour recréer une ambiance autour du vêtement. Mode et luxe ne formaient alors qu’une entité commune, et c’est en photographiant les mannequins dans des intérieurs richement aménagés que les lectrices du Vogue pouvaient s’identifier à cette parisienne élégante. Elles s’appellent Gigi ou Jeanne Eagels et sont alors les Karlie Kloss et Cara Delevingne de l’époque. On remarque que même aujourd’hui, le lien entre architecture d’intérieur et mode est toujours aussi fort, ne serait-ce qu’en remarquant les shootings d’aujourd’hui. Les décors produisent dans la plupart des cas des fictions qui nous plongent dans une atmosphère particulière, sous la forme de séries par exemple. Dans les années 30, on assistait à l’émancipation de la femme et à l’émergence des premiers loisirs avec la joie des congés payés. Le bord de mer sert et donc les maillots de bain sont en plein essort, photographiés par exemple pour le numéro de juillet 1929 du Vogue américain par George Hoyningen-Huené.
La mode s’est toujours inspirée de la rue, et la rue de la haute couture. Là encore, c’est un lien que l’on ne peut toujours pas rompre aujourd’hui et que les premiers photographes de mode avaient déjà deviné. Dès les années 50, ils s’inspirent de la photo reportage comme William Klein. Une mode prise sur le vif, comme si rien n’avait été préparé, à l’instar des bloggeurs street-style si connus aujourd’hui. Mode démocratique, plus prêt-à-porter que jamais que Terry Richardson illustre parfaitement en mars 2001 pour le Vogue français. La silhouette est à la base de tout, et constitue une part importante dans le travail des photographes dès les années 30. Surréalistes ou imperceptibles, pareilles à des ombres, Irving Penn et Erwin Blumenfeld aux méthodes plastiques voire expérimentales. L’on reprend aussi le thème si prisé dans la peinture traditionnelle de la nature morte pour faire en sorte de la rendre justement vivante et avec une âme. John Rawlings nous étonne par son audace déconstructiviste, Guy Bourdin par son humour particulier. Les accessoires sont les modèles, photographiés le plus souvent, redonnant au caractère commercial une aura artistique. La photographie de mode, c’est avant tout l’éloge du corps et d’ailleurs un nouveau type de photographie se développe aujourd’hui, propre au monde de la beauté. Idéal de beauté et de jeunesse, il s’agit ici de montrer une femme sans âge et parfaite. Les années 70 introduisent des photographes aussi connus que Mert Alas et Marcus Piggott avec cette fameuse photo du Vogue français numéro de novembre 2008 avec Vanessa Paradis. Les portraits sont d’ailleurs une dernière méthode particulièrement appréciée, permettant une approche plus authentique mais surtout plus identificatrice. Kate, Naomi ou Cindy sont les muses des temps modernes que Vogue sacralise sur ses couvertures devenues pour certaines d’entre elles mythiques.

The exhibition ” Papier Glacé – a century of fashion photography at Condé Nast” is the second of its kind after the reopening of the Palais Galliera. It will constantly throughout our journey try to present the most emblematic and identifying works of the major fashion trends that have marked the twentieth century. Condé Nast, the publisher of Vogue almost mythical today, appeared at the beginning of the century as the support of a luxurious press for a bourgeois reader. Therefore, fashion photographers had the nealry same role than the designer, sublimating this silhouette, introducing a touch of mystery and humor to such photography, somehow giving a breath of life to the creation. Photographers are the very essence of Vogue, remaining loyal to it for years (Helmut Newton, 40 years or Irving Penn, 60 years!) . Their passion for photography is revealed for a better understanding of today’s shootings and demonstrating the timelessness of these two arts.
How has the photography technic evolved through this century, creating a whole new universe around the clothes​​? Who were these icons? Can we understand the evolution of fashion throughout the twentieth century simply by immersing ourselves inro historical shots?
At the beginning of the century, photographers like Baron de Meyer and Cecil Beaton focus on decorations to recreate an atmosphere around the dress. Fashion and luxury are then aunique concept, and it is photographing the models in interiors richly furnished to which the readers of Vogue could identify as elegant parisians. They are called Gigi and Jeanne Eagels and they are the Karlie Kloss and the Cara Delevingne of the time. We note that even today, the link between interior design and fashion is still as strong as ever, even in today’s shootings. The setting appears, in most cases as a fiction that plunge us into a special atmosphere like in series for instance. In 30 years, we witnessed the emancipation of women and the emergence of the first holidays. Swimsuits are becoming fashionable, photographed for example in the July 1929 American Vogue edition by George Hoyningen-Huene .
Fashion has always been inspired by the street, and the street of high fashion. Again, this is a link that we still can not break today and that the first fashion photographers had already guessed. In the 50s, they are inspired by the photoreport genre like William Klein. A fashioncaptured on the moment, as if nothing had been prepared, like street-style bloggers so well known today. Democratic fashion, more ready -to-wear than ever that Terry Richardson illustrates perfectly in March 2001 for the French Vogue. The silhouette is the basis of everything, and is an important part in the work of photographers from the 30’s. Uneal or imperceptible, like shadows, Irving Penn and Erwin Blumenfeld are their chiefs with plastic or experimental methods. We also revisit the theme of the still life to make it more lively than ever, with a real soul. John Rawlings surprised us with his daring deconstructionism, Guy Bourdin by his humor. Accessories are the models most often photographed, restoring the commercial artistic aura. Fashion photography is above all the body worship and a new type of photography appears, restauring the the world of beauty. Ideal of beauty and youth, it is here to show an ageless and perfect woman. 70s introduce well known photographers like Mert Alas and Marcus Piggott with this famous shoot in French Vogue November 2008 issue with Vanessa Paradis. Finally, portraits are also a particularly appreciated method for a more authentic but also more identifical approach. Kate, Naomi and Cindy are modern times muses that are becoming sacralized through Vogue covers, mythical for some.

Photo Credits: Please do not use the pictures used here – Use the credits on them or ask for the permission. Thanks.

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